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De « nouveaux » types d’actifs agricoles, pour quels projets entrepreneuriaux et quelles formes d’organisation productive ?
D’ici 2030, près de 137 000 chefs d’exploitation seraient susceptibles de partir à la retraite sans avoir identifié de repreneur. La profession peine à trouver de nouveaux actifs et s’interroge sur le devenir des exploitations libérées. Ce projet de recherche vise à proposer une typologie des chefs d’exploitation nouvellement installés dans toute leur diversité, en s’intéressant non seulement au profil socio-démographique et les trajectoires professionnelles des installés récents, mais également aux projets entrepreneuriaux et aux organisations productives dont ils sont porteurs. Le projet cherche ainsi à mettre en évidence les possibles décalages et contradictions entre les ambitions entrepreneuriales de ceux qui entrent et les organisations productives de ceux qui sortent, ainsi que la manière dont des compromis sont trouvés, au travers d’agencements organisationnels inédits.
Pour cela, il associe les compétences de chercheurs (sociologues, économistes, statisticien, agronome) pour combiner analyses quantitatives des données du recensement agricole de 2020 et de la Mutualité sociale agricole du Languedoc, et analyses qualitatives de 66 enquêtes semi-directives réalisées auprès d’installés récents dans les départements de l’Hérault, du Gard et de la Lozère. Etablir des profils « types » du « nouveau » au regard de l’ « ancien » candidat à l’installation, qu’il soit issu ou non du monde agricole, en reprise cadre-familial ou hors-cadre-familial, semble de plus en plus illusoire au fur et à mesure de leur extrême pluralité. En s’interrogeant sur les ressorts du non alignement entre exploitations libérées et projets portés par des « nouveaux » actifs, et en cernant les nouvelles formes d’organisation productive qui en découlent, ce projet ambitionne de participer à la réflexion en cours sur l’accompagnement du secteur dans ses réponses aux défis du renouvellement des actifs et de durabilité des exploitations.
Les installés « non issus du milieu agricole » : des producteurs comme les autres ?
Le ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a financé, en 2024, cinq recherches sur le thème des « nouveaux actifs agricoles ». Le projet AgriDinamo, piloté par l'INP-AgroToulouse, visait à caractériser ces nouveaux actifs, en s'intéressant à leur profil socio-démographique et à leur trajectoire professionnelle, mais également au projet d'installation et à l'organisation productive qu'ils portent. Cette note en présente certains résultats. Elle montre que ces nouveaux actifs participent, au même titre que les autres, au renouvellement des structures agricoles. En documentant la grande diversité des projets d'entreprise et la complexité des processus d'installation, elle remet en cause l'existence d'une dualité entre exploitants issus et non issus du milieu agricole.
Gazo, C., Nguyen, G., Purseigle, F., Lécole, P., Magnan, A. 2025. Les installés « non issus du milieu agricole » : des producteurs comme les autres ? » Analyse, 218, juin 2025. Centre d’Etudes et de Prospective, ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire. https://agriculture.gouv.fr/les-installes-non-issus-du-milieu-agricole-des-producteurs-comme-les-autres-analyse-ndeg218
Épuisements professionnels et mutations du travail : le cas des métiers essentiels
Ce chapitre d’ouvrage propose d'analyser les défis rencontrés par les travailleurs dits «essentiels» dans un monde du travail en perpétuelle mutation. La pandémie de Covid-19, conjuguée aux réformes économiques et organisationnelles récentes, ont accru la charge de travail dans des professions en première ligne pour le fonctionnement social, notamment chez les agriculteurs, les salariés de la sécurité sociale et les magistrats, lesquels font face à d’importants obstacles. En examinant les manifestations du burnout et d’autres risques psychosociaux, nous illustrons comment la perte de ressources individuelles et organisationnelles, analysée sous l’angle de la théorie de la Conservation des Ressources, conduit à une dégradation des conditions de travail. Notre méthodologie repose sur une étude qualitative approfondie des transformations du travail et du mal-être au sein de ces secteurs essentiels. La collecte de données s’est appuyée sur 74 entretiens semi-directifs réalisés auprès d’agriculteurs chefs d’exploitation, de salariés de la branche famille de la Sécurité sociale et de magistrats. L’analyse révèle une tension entre exigences réglementaires et capacités d’action, accentuée par un déficit de reconnaissance, une surcharge cognitive et des conflits de rôle.
GALLINARI, F., MARTIN, C. et MONNIER, A. Épuisement professionnel et mutations du travail : le cas des métiers essentiels. Dans ABORD DE CHATILLON, E., CHAKOR, T., COMMEIRAS, N. et MOULETTE, P. Mutations du travail et santé au travail. Paris : Vuibert AGRH, 2025. p. 19-38
Reconquérir et diviser : stratégies comparatives d’établissement de normes parmi les organisations de producteurs
Food standards, which are used to signal adherence to sustainability goals or a specific origin, have deep political implications. Standards crafted by retailers, processors, or third-party actors such as non-governmental organizations (NGOs) often disempower farmers. Moreover, due to the liberalization and globalization of many food value chains, producer organizations (POs) lost some of their legal privileges and market protections. This paper analyzes how POs in the Global North sought to regain their control over food markets by establishing their own standards. These strategies and their consequences are considered across three dimensions: the internal life of the PO, the relevant market institutions, and the relationship between the PO and the state. Our case studies (N = 5) performed in France and in Québec, a French-speaking province of Canada, span across a variety of food sectors. Drawing on qualitative material, we designed our explanatory framework through an abductive, iterative method. Although standards crafted by POs have, in some cases, reshaped market institutions to their advantage and have repositioned them in the governance of food markets, they come at a cost. They may create tensions within POs and clash with the agrarian values of solidarity, democracy, and autonomy. Overall, this article challenges the assumption that food standards are mainly governed by private actors and sheds light on the new alliances and new identities of POs.
Les normes alimentaires, qui sont utilisées pour signaler la conformité à des objectifs de durabilité ou à une origine spécifique, ont des implications politiques profondes. Souvent, les agriculteurs n’ont pas le contrôle sur les normes élaborées par des distributeurs, des transformateurs ou des acteurs tiers tels que des organisations non gouvernementales (ONG). De plus, en raison de la libéralisation et de la mondialisation de nombreuses chaînes de valeur alimentaires, les organisations de producteurs (OP) perdent certains de leurs privilèges juridiques et protections du marché. Cet article analyse comment les OP dans les Nords cherchent à regagner leur contrôle sur les marchés alimentaires en établissant leurs propres normes. Ces stratégies et leurs conséquences sont examinées à travers trois dimensions : la vie interne des OP, les institutions de marché pertinentes et la relation entre les OP et l’Etat. Nos cas d’étude (N = 5) réalisés en France et au Québec, une région francophone du Canada, couvrent une variété de filières alimentaires. S’appuyant sur un matériau qualitatif, nous avons conçu notre cadre explicatif à travers une méthode abductive et itérative. Bien que les normes élaborées par les OP aient, dans certains cas, remodelé les institutions du marché à leur avantage et les aient repositionnées dans la gouvernance des marchés alimentaires, elles ont un coût. Elles peuvent créer des tensions au sein des OP et se heurter aux valeurs paysannes de solidarité, de démocratie et d’autonomie. Dans l’ensemble, cet article remet en question l’hypothèse que les normes alimentaires sont principalement gouvernées par des acteurs privés et met en lumière les nouvelles alliances et les nouvelles identités des OP.
Billows, S., Carter, E., Déplaude, MO. et al. Reconquer and divide: comparative standard-setting strategies among producer organizations. Agric Hum Values 42, 1395–1410 (2025). https://doi.org/10.1007/s10460-024-10671-3
L’essor de la délégation de travaux agricoles permettent aux agriculteurs de s'adapter aux chaînes de valeur agroalimentaires : un point de vue par le cycle de vie d’un produit
Outsource agricultural service enterprises emerged a century ago in high-income countries and in the past several decades in developing regions. We contribute by analyzing and illustrating the emergence of these services from the perspective of phases of the Product Cycle. These services help farmers adapt to international and domestic agrifood value chains: (1) in the commoditization phase, e.g., with rice combine harvesting services in China and Myanmar for domestic and export markets; (2) in the early product differentiation phase into quality traits, e.g., with horticultural services to Ethiopian and Indonesian farmers for urban wholesale markets; (3) in the advanced product differentiation phase into environmental traits, e.g., with A-Z services to help French farmers grow eco-labeled vegetables for supermarkets. These services addressed farmers’ shortfalls in information, skills, labor, and equipment. The services are supplied by medium/large farmers with excess capacity say of a combine; by wholesalers who want to reduce search costs and risks; by input “agro-dealers”; and by agribusinesses servicing their outgrowers. In new cases shown in France, outsource firms partner with farm input companies such as Bayer or with robot/drone companies. Governments have – and can do much more to – support the emergence of these services such as in developing regions today through: (1) promotion of a business ecosystem, based on policies of investment in hard and soft infrastructure, favoring the coadaptation of these firms with farmers’ needs; (2) policies facilitating access, such as through import liberalization, of equipment and seeds and chemicals.
Les entreprises de travaux agricoles ont émergé il y a un siècle dans les pays à haut revenu et au cours des dernières décennies dans les régions en développement. Cette contribution vise à analyser et à illustrer l’émergence de ces services du point de vue des phases du cycle de vie d’un produit. Ces services aident les agriculteurs à s’adapter aux chaînes de valeur internationales et nationales : (1) dans la phase de marchandisation, par exemple, en Chine et au Myanmar, avec les services de récolte du riz à la moissonneuse-batteuse destinés aux marchés nationaux et d’exportation ; (2) au début de la phase de différenciation du produit par des démarches qualité, par exemple, avec les services horticoles aux agriculteurs éthiopiens et indonésiens pour les marchés de gros urbains ; (3) dans la phase avancée de différenciation du produit par des démarches de certification environnementale, par exemple, avec les services de A à Z pour aider les producteurs de fruits et légumes français sous label « zéro résidus de pesticides » à destination des supermarchés. Ces services répondent aux déficits des agriculteurs en termes d’information, de compétences, de main d’œuvre et d’équipements spécifiques. Les services sont fournis par des agriculteurs moyens/grands ayant une capacité excédentaire […]. Les gouvernements ont soutenu – et peuvent faire beaucoup plus pour soutenir – l’émergence de ces services comme dans les régions en développement aujourd’hui à travers : (1) la promotion d’un écosystème commercial, fondée sur des politiques d’investissement dans des infrastructures matérielles et immatérielles, favorisant la coadaptation de ces firmes avec les besoins des agriculteurs ; (2) des politiques facilitant l’accès, à travers la libéralisation des importations par exemple, à des équipements, des semences et des produits chimiques.
Thomas Reardon, Titus Awokuse, Ben Belton, Lenis Saweda O. Liverpool-Tasie, Bart Minten, Genevieve Nguyen, Sara Qanti, Johan Swinnen, Rob Vos, David Zilberman, Emerging outsource agricultural services enable farmer adaptation in agrifood value chains: A product cycle perspective, Food Policy, Volume 127, 2024, 102711, ISSN 0306-9192, https://doi.org/10.1016/j.foodpol.2024.102711.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0306919224001222
Colères agricoles
De l’opération silencieuse des panneaux renversés à l’entrée des villages lancée par des jeunes agriculteurs au blocage de l’autoroute A64 par le groupe autonome des Ultras, en passant par l’intrusion de militants de la Coordination rurale dans le marché d’intérêt national de Rungis, l’hiver 2023-2024 aura mis brusquement en exergue la colère jusqu’alors sourde des mondes agricoles français. Malgré leur effacement démographique, l’éclatement des formes d’organisations sociales et les controverses qui les caractérisent, les agriculteurs et agricultrices n’en demeurent pas moins une minorité agissante dans l’espace public. Les récentes manifestations attestent de la capacité intacte des mondes agricoles, considérés par certains comme rayés de la carte, à se mobiliser et à constituer une « force politique visible ».
Bono, P.-H. et Purseigle, F. (2024). Colères agricoles. Esprit, Novembre(11), 41-50. https://doi.org/10.3917/espri.2411.0041.Sous-traitance agricole et santé mentale du chef d'exploitation donneur d'ordre
Le monde agricole fait face à une souffrance particulièrement marquée et une santé mentale fragile (Kallioniemi et al., 2016 ; Rudolphi et al., 2020). En parallèle, de nouveaux modes de production émergent (Condor, 2019 ; Dias et al., 2019), notamment la sous-traitance (Nguyen et al., 2020 ; Purseigle & Hervieu, 2022). L’objet de notre recherche porte sur le lien entre la sous-traitance agricole et la santé mentale du chef d’exploitation. La question de départ s’intéresse aux mécanismes qui les lient : comment et dans quelle mesure la sous-traitance agricole améliore ou détériore la santé mentale du chef d’exploitation donneur d’ordre ? En considérant que la sous-traitance peut être positive et/ou négative pour la santé, nous définissons la sous-traitance en agriculture et analysons les caractéristiques de la relation. Puis, nous clarifions la notion de santé mentale et identifions deux cadres théoriques, la théorie COR (Hobfoll, 1989) et le modèle théorique JD-R (Demerouti & Bakker, 2011). Au final, pour explorer la boîte noire qui lie la sous-traitance à la santé mentale, nous retenons les mécanismes de gain et de perte, d’interaction exigences - ressources ainsi que les mécanismes d’évaluation du contrat psychologique. Une méthodologie qualitative par le biais de l’étude de cas multiples sera mobilisée.
Coline Martin. Sous-traitance agricole et santé mentale du chef d'exploitation donneur d'ordre. 34ème congrès de l'AGRH, AGRH, Oct 2023, Ajaccio, France. ⟨hal-04703771⟩
Des cultures sous tensions. Les rationalisations des grandes entreprises agricoles
À partir d’entretiens qualitatifs et d’observations in-situ réalisés dans la filière française des fruits et légumes, cet article met au jour les tensions entre rationalisation formelle et matérielle au sein de grandes entreprises agricoles. À travers l’exemple des chefs de culture et de l’étude d’un outil de gestion, il montre que l’émergence d’une rationalisation formelle, imposée par les acteurs de l’aval, revêt trois formes : une rationalisation du travail de la plante, une rationalisation de la gestion de la main d’œuvre ainsi qu’une rationalisation par le processus d’intégration de la firme. Celle-ci entraîne alors une transformation des professionnalités des chefs de culture, en allant jusqu’à infléchir leurs pratiques et remettre en question leurs territoires professionnels. Elle conduit à faire du chef de culture un représentant d’une domination rationnelle, similaire à celle exercée par un bureaucrate wébérien.
François Purseigle et Loïc Mazenc - Publié dans L’Année sociologique, sous presse - 2021
https://www.cairn.info/revue-l-annee-sociologique-2021-1-page-127.htm

Résister dans une exploitation. Les effets du « management » sur le travail dans une firme agricole française
À partir du cas d’une firme de production agricole, située en France et spécialisée dans la culture du melon, cet article analyse les évolutions de l’organisation du travail et notamment les résistances au management. Nous montrerons qu’elles peuvent être individuelles ou collectives, « pour soi » ou « pour les autres », freiner la production ou, au contraire, l’accélérer. Elles résultent toujours d’une volonté de desserrer l’étau du contrôle et de se réapproprier le travail, conséquence d’un contrôle plus récent, celui de la grande distribution sur l’exploitation agricole, exigeant toujours plus de dispositifs de normalisation et de certification des produits comme des procédés.
Mazenc Loïc - Publié dans Études rurales, 205, pages 206-227 - https://doi.org/10.4000/etudesrurales.22571 - Janvier / Juin 2020

Sous-traitance et délégation du travail :
marqueurs des mutations de l’organisation de la production agricole
Répondant à la difficile transmission familiale des exploitations ou aux stratégies de croissance des plus grandes d'entre elles, l'essor de la prestation de services est l’une des tendances marquantes de l'évolution de l'agriculture française. Ce marché, estimé à environ 4 milliards d’euros, se caractérise par une forte transformation de la demande et par la création de nombreuses entreprises de travaux dédiés. Si la plupart d'entre elles proposent de réaliser des tâches précises, d'autres ont développé une large gamme de services, allant de l’audit de propriétés agricoles à la gestion intégrale de l’exploitation, à la fois technique, administrative et financière. La sous-traitance agricole, et notamment la délégation intégrale des activités, restent pourtant peu documentées et diverses questions demeurent auxquelles cet article contribue à répondre. La première partie explicite la méthode utilisée et les trois suivantes présentent un état des lieux du marché, puis un recensement de l'évolution des pratiques, et enfin une analyse des formes innovantes d’organisation de la prestation de services.
Geneviève Nguyen, François Purseigle, Julien Brailly, Bruno Legagneux - Note et Étude Socio-économique, n°47, pp. 43-88, Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation - 2020

Le nouveau capitalisme agricole. De la ferme à la firme.
En rupture avec l'exploitation familiale traditionnelle, des firmes agricoles se profilent dans de nombreuses régions du globe. Avec elles, s’amorce une recomposition agraire dont les contours restent largement invisibles. À l’exception de quelques cas médiatisés de « mégafermes » et autres « fermes des 1 000 vaches », la majorité de ces firmes ont jusqu’à présent échappé à l’analyse tant leurs visages sont multiples et flous. Leurs performances économiques et financières tout comme leurs incidences environnementales et sociales interrogent aussi bien les milieux politiques, professionnels que scientifiques. Comment sont-elles organisées ? Quels sont leurs logiques et modes d’action ? Dans quels espaces s’inscrivent-elles ? Comment une ferme familiale devient-elle une firme agricole ? Quels types d’acteurs sont impliqués ? Quels rapports au politique entretiennent-elles ? Quels conflits provoquent-elles ?
François Purseigle, Geneviève Nguyen, Pierre Blanc - Presses de Sciences Po - 2017
https://www.cairn.info/le-nouveau-capitalisme-agricole--9782724621358.htm

Les agricultures de firme Tome 1 et Tome 2
Ces numéros visent à rendre compte ici d'une forme d’agriculture encore impensée par la communauté des ruralistes. Le développement de structures hautement capitalistiques sur le marché des matières premières agricoles, l’émergence de nouveaux statuts juridiques relatifs aux catégories d’exploitations et l’arrivée, sur la scène agricole, d’acteurs étrangers au secteur témoignent en effet d’une rupture avec le modèle familial traditionnel consacré par les grandes politiques de la seconde moitié du XXe siècle. À l’échelle de la planète et parallèlement à une agriculture familiale « sociétaire » abstraite apparaissent des agricultures de firme complexes portées par des investisseurs qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements en matières premières agricoles et/ou à maximiser leurs placements financiers. Ces agricultures reposent notamment sur la multiplicité des prises de décision et sur une mobilisation forte de ressources matérielles et immatérielles d’origine non agricole. De la France à l’Indonésie, l’Argentine, l’Afrique du Sud et la Chine en passant par l’Europe centrale et la Russie, les textes réunis dans ces volumes montrent que des formes d’intervention, globales et mondialisées, modifient en profondeur les agricultures nationales.
« Les agricultures de firme. Tome 1 » - François Purseigle (ed.) - Études rurales, n° 190, Editions EHESS - 2012
https://www.cairn.info/revue-etudes-rurales-2012-2.htm
« Les agricultures de firme. Tome 2 » - François Purseigle, Gérard Chouquer (eds.) - Études rurales, n° 191, Editions EHESS - 2013

L'agriculture de firme : un fait émergent dans le contexte agricole français ?
Cet article tente de relever ce qui, en économie agricole ou agroalimentaire et en statistique agricole, contribue à définir « l’agriculture de firme » parmi l’ensemble des exploitations agricoles françaises. Même si l’exploitation familiale tend à éclater, elle reste la norme du paysage rural français. Ce qui nous intéresse ici renvoie à la « théorie de la firme », lieu de répartition stratégique entre le travail et le capital. Cet article montre que cette forme nouvelle d’entrepreneuriat agricole ne dépend pas uniquement de la capacité d’adaptation de l’agriculteur ou des jeux de pouvoir qu’exercent les filières agroalimentaires. Pour ce qui est des financements nécessaires au développement, la famille rapprochée et le système coopératif laisseraient la place à la famille élargie et aux stratégies d’ouverture. Cette réflexion s’appuie sur quelques repères analytiques et sur une exploration des premiers résultats du recensement agricole de 2010.
Valérie Olivier, Bruno Legagneux - Etudes Rurales, n° 190, pp. 77-97 - 2012
https://www.cairn.info/revue-etudes-rurales-2012-2-page-77.htm

Facteurs personnels et intention de sortie entrepreneuriale : les effets médiateurs de l’engagement au travail et de l’épuisement émotionnel de l’agriculteur
Cette recherche étudie les conséquences de la personnalité proactive et de l’obligation morale de rester dans l’entreprise sur l’intention de sortie entrepreneuriale de l’agriculteur. En nous basant sur la théorie de la conservation des ressources et le modèle exigences-ressources, nous postulons que ces deux facteurs personnels sont liés à l’engagement au travail et l’épuisement émotionnel. À travers l’engagement et l’épuisement, la personnalité proactive et l’obligation morale affectent l’intention de sortie. À partir d’un échantillon de 210 agriculteurs français particulièrement concernés par les sorties entrepreneuriales, les résultats montrent que l’engagement médiatise les relations négatives entre d’une part la personnalité proactive et l’intention de sortie et d’autre part entre l’obligation morale de rester et l’intention de sortie. L’épuisement émotionnel médiatise la relation positive entre l’obligation morale et l’intention de sortie. Cette recherche contribue à la littérature sur la sortie entrepreneuriale en examinant empiriquement les mécanismes qui lient des facteurs personnels à l’intention de sortie.
BARRAUD-DIDIER Valérie et GATIGNON-TURNAU Anne-Laure, « Facteurs personnels et intention de sortie entrepreneuriale : les effets médiateurs de l’engagement au travail et de l’épuisement émotionnel de l’agriculteur », Revue de l’Entrepreneuriat, 20(3), 2021, 45-68.
https://www.cairn.info/revue-de-l-entrepreneuriat-2021-3-page-45.htm

Stresseurs au travail, épuisement émotionnel et intention de l’agriculteur de quitter précocement sa profession
Cette recherche explore la relation entre trois stresseurs au travail, l’épuisement émotionnel de l’agriculteur et son intention de quitter précocement sa profession. En s’appuyant sur le modèle exigences-ressources, les auteurs postulent tout d’abord une relation directe entre les stresseurs et l’intention de quitter puis une relation indirecte, par le biais de l’épuisement émotionnel. À partir d’un échantillon de 144 arboriculteurs français, les résultats montrent que l’insécurité professionnelle et l’obligation morale de rester dans l’exploitation sont liées directement à l’intention de quitter précocement la profession et également de façon indirecte, en passant par l’épuisement émotionnel. La charge de travail est quant à elle liée à cette intention par l’intermédiaire de l’épuisement.
BARRAUD-DIDIER Valérie, GATIGNON-TURNAU Anne-Laure, MAZENC Loïc, « Stresseurs au travail, épuisement émotionnel et intention de l’agriculteur de quitter précocement sa profession » Economie rurale, N°385 (juillet-septembre), 2023, 63-81.
https://www.cairn.info/revue-de-l-entrepreneuriat-2021-3-page-45.htmhttps://www.cairn.info/revue-economie-rurale-2023-3-page-63.htm?contenu=resume

Qui les services de conseil laissent-ils de côté ? Une réflexion critique sur les agriculteurs ‘difficiles d’accès’
Bien que la Politique agricole commune de l’Union européenne ait élargi ses objectifs pour intégrer les questions sociales, plusieurs groupes d’agriculteurs et de travailleurs continuent d’être ignorés par les services de conseil et les politiques associées. Établir un lien avec ces groupes difficiles d’accès pourrait permettre
d’accroître la cohésion économique et sociale des agricultures européennes. Nous avons interrogé plus de 1,000 agriculteurs à travers l’Europe et identifié les caractéristiques de groupes qui sont souvent ignorés par les services de conseil. Nous avons examiné de manière critique les cohortes sociales concernées et réfléchi à la manière de mieux les accompagner. Elles comprennent les ouvriers agricoles, les nouveaux entrants ou ‘changeurs de carrière’, et les adoptants ultérieurs. Nous clarifions aussi les différents types d’organisations dans le paysage du conseil, en distinguant ceux qui sont liés aux ventes d’intrants ou de technologies de ceux qui en sont indépendants. Nous formulons des recommandations concrètes sur la manière de faire intervenir des conseillers auprès de groupes difficiles d’accès, avec des approches adaptées aux différents contextes nationaux des systèmes de connaissances et d’innovation agricoles (AKIS). Ces recommandations pourraient ainsi contribuer à la dimension AKIS des Plans Stratégiques Nationaux de la prochaine Politique agricole commune (2023–2027). Nous plaidons pour une intégration plus forte des avancées des sciences sociales permettant une meilleure compréhension du conseil en tant qu’interaction sociale, afin de renforcer le caractère inclusif des politiques publiques de conseil.
Pierre Labarthe & Lee‐Ann Sutherland & Catherine Laurent & Geneviève Nguyen & Talis Tisenkopfs & Pierre Triboulet & Noemie Bechtet & Ellen Bulten & Boelie Elzen & Lívia Madureira & Christina Noble & J, 2022. "Who are Advisory Services Leaving Out? A Critical Reflection on ‘Hard to Reach’ Farmers," EuroChoices, The Agricultural Economics Society, vol. 21(1), pages 50-55, April.
https://doi.org/10.1111/1746-692X.12347
Mutations de l’organisation du travail et de la structure des exploitations
Une nouvelle Politique agricole commune (PAC) est en cours de négociation. Parmi les défis majeurs qu’elle doit relever, celui du maintien des actifs agricoles est sans doute le plus central puisqu’il conditionne l’avenir même du secteur. En effet, le nombre d’actifs agricoles n’a cessé de diminuer depuis la création de la PAC. En particulier, sur la période récente 2005-2017, le nombre d’actifs familiaux a baissé de 31,5%, et aujourd’hui, une majorité des agriculteurs ont 55 ans et plus (Eurostat). Comment le travail s’est-il donc réorganisé sur les exploitations agricoles ?
La question n’est pas nouvelle mais elle a été peu abordée sous l’angle de l’impact sur les structures d’exploitation et le statut d’agriculteur. Cet article vise à contribuer à ces débats à partir du cas de la France. Pour cela, nous avons cherché à construire, par la méthode de la classification, une typologie d’exploitations agricoles avec comme critère principal la répartition des apports en travail recensés par la statistique agricole française (Ministère de l’agriculture, Mutualité sociale agricole). Cette analyse statistique a été complétée par des études de cas d’exploitations agricoles pour les trois types en émergence.
Geneviève Nguyen, François Purseigle, Bruno Legagneux. Changes in labour organisation and farm structure. EuroChoices, 2021, 20 (3), pp.54-55. ⟨10.1111/1746-692X.12336⟩. ⟨hal-03571885⟩
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/1746-692X.12336

Leviers stratégiques des exploitations laitières françaises dans un contexte d’incertitude
Dans un environnement marqué par la libéralisation des marchés et l’évolution des attentes sociétales, les exploitations laitières françaises sont aujourd’hui confrontées à des enjeux de cohérence interne et de renouvellement des générations mais aussi de pertinence externe. Pour éclairer ces enjeux et accompagner ces entreprises, cette étude propose un cadre d’analyse novateur permettant d’appréhender les leviers stratégiques internes et externes des entreprises laitières dans une perspective historique. La comparaison des leviers mis en œuvre par 29 exploitants dans différents contextes (Régions Occitanie et Bretagne) débouche sur l’identification de leviers d’action à différentes échelles. Dans un environnement contraint et incertain, la réappropriation individuelle de la conception du modèle d’entreprise apparaît stratégique. L’action collective reste pertinente mais elle se renouvelle à la fois dans une logique de mutualisation (rapprochement des exploitations, sous-traitance, contrats), de diversification (énergétique) et de spécification (réinvestissement de la fonction commerciale notamment). Pour accompagner ces transitions, les organisations sectorielles sont amenées à passer du pilotage de ressources génériques à l’accompagnement de stratégies productives diversifiées et territorialisées.
Dervillé M., Ferreira-Guimaraes A., Nguyen G. (sous-presse) " Leviers stratégiques des exploitations laitières françaises dans un contexte d’incertitude ", Economie rurale, n°389, juillet-septembre 2024, à paraître.

Quelle singularité des contrats sur la production en France, dans un contexte de transition des filières agricoles
Les enjeux de transformation des pratiques de production et de commercialisation questionnent les arrangements organisationnels dans les filières agricoles, dont les démarches contractuelles. Celles-ci sont diverses et peu de travaux étudient les effets des contrats ayant des clauses sur les conditions de production en sus des conditions de commercialisation. Repositionnés au sein de la littérature économique, et sous l’éclairage du droit, cet article vise à lever des ambiguïtés dans la définition de ces contrats et à dresser un ensemble de propositions sur les rationalités liées à leurs usages et effets, pour proposer un agenda de recherche qui permettrait de mieux objectiver le rôle potentiel de ces contrats dans la transformation et la transition des filières.
Magrini M-B., Cholez C., Bettoni L. Bouroullec-Machado M., Dervillé M., Krajeski D., Nguyen G. 2023. « Quelle singularité des contrats sur la production en France, dans un contexte de transition des filières agricoles ? », Economie rurale, n°385, juillet-septembre 2023, pp. 119-140.
https://www.cairn.info/revue-economie-rurale-2023-3-page-119.htm

Pour un programme de recherche renouvelé autour de la grande entreprise agricole
Cet article propose un programme de recherche renouvelé autour de la grande entreprise agricole. Il revient sur la nécessité de poursuivre le travail de caractérisation des nouvelles formes d’organisation de la production agricole, de comprendre leur dynamique d’évolution et les conséquences induites au prisme des changements qui se sont opérés au niveau des filières agricoles et agroalimentaires.
Purseigle F., Nguyen G. 2022. « Pour un programme de recherche renouvelé autour de la grande entreprise agricole », Systèmes alimentaires – Food Systems, n°7, pp. 207-230.

La sous-traitance agricole en France : Mise en perspective statistique d’un phénomène émergent
Cet article cherche à tracer les contours d’un fait émergent méconnu en agriculture, celui de l’essor remarquable de la sous-traitance des travaux agricoles depuis le début des années 2000. Très peu étudiée, cette pratique concerne pourtant aujourd’hui pas moins de six agriculteurs sur dix. Pour cerner ce fait malgré les difficultés méthodologiques liées à son invisibilité, une démarche mixte a été développée articulant des analyses statistiques de données secondaires et d’autres originales issues de deux sondages menés en 2018 et 2021, avec des analyses qualitatives d’enquêtes auprès des acteurs de la sous-traitance. Les résultats mettent en lumière différentes facettes du fait émergent, dont des pratiques de sous-traitance et de délégation intégrale en rupture avec celles traditionnellement connues, ainsi que des changements importants du côté de l’offre avec la progression inédite des entreprises de travaux agricoles et l’arrivée de nouveaux acteurs. Ils pointent également les irrationalités économiques et les débats controversés qui accompagnent ce fait émergent aux enjeux majeurs pour l’agriculture.
Nguyen G., Purseigle F., Brailly J., Marre M. 2022. « La sous-traitance agricole en France : Mise en perspective statistique d’un phénomène émergent » / « Agricultural Outsourcing in France: A Statistical Perspective on an Emerging Phenomenon », Economie et Statistique / Economics and Statistics, n°532-33, pp. 89–110.
https://www.insee.fr/fr/statistiques/6472237?sommaire=6472271
Les firmes rizicoles en Camargue : origine, diversité et évolution
Résumé à venir
Purseigle F., Nguyen G. 2018. « Les firmes rizicoles en Camargue : origine, diversité et évolution ». In J.C. Mouret, B. Leclerc (coord.), 2018, Le riz et la camargue : vers des agrosystèmes durables, Educagri Editions, pp. 315-330
https://hal.inrae.fr/hal-02786928
https://umr-innovation.cirad.fr/actualites/riz-et-camargue#:~:text=Depuis%20plus%20de%20trente%20ans,innovations%20port%C3%A9es%20par%20ses%20acteurs.

Mutations des entreprises agricoles et nouveaux modes d’accès au foncier
Le marché du foncier agricole français est sous tension et l'accès aux terres agricoles est aujourd'hui particulièrement difficile pour les agriculteurs qui veulent s'agrandir ou s'installer. Selon la Fédération nationale des Safer* (FNSafer) et Terres d'Europe-Scafr 96 , les prix du foncier agricole ont augmenté en moyenne de 40% environ entre 1997 et 2012. Pour autant, ils restent très inférieurs à celui du foncier à bâtir, en particulier en zone périurbaine, ce qui encourage la conversion des terres vers d'autres usages. En l'espace d'un demi-siècle, la France a ainsi vu l'artificialisation de près de 28% de ses terres agricoles. Celles-ci sont par ailleurs de plus en plus convoitées par les investisseurs étrangers car leurs prix, malgré une augmentation continue, restent bien inférieurs à ceux des autres pays européens (FNSafer et Terres d'Europe-Scafr, 2012 ; FNSafer, 2015 ; Levesque, 2016). Il y aurait de moins en moins de terres agricoles à vendre en France. Le volume des transactions des terrains agricoles libres de toute location a été divisé par deux entre 1997 et 2012, au profit du marché de la location. Pour la première fois, en 2010, ce dernier a dépassé celui des ventes. 76% de la surface agricole utile* française sont aujourd'hui cultivés par des agriculteurs qui n'en sont pas propriétaires (Courleux, 2013). Alors que la population agricole ne compte plus qu'un million d'actifs (soit près de 2% de la population active totale), elle ne constitue plus son propre vivier pour assurer sa reproduction. La reprise des exploitations achoppe très souvent sur la question foncière. On assiste à une rétention d'une partie du foncier par d'anciens acteurs de la production agricole au détriment de l'installation de jeunes agriculteurs 97. Le projet patrimonial prime bien souvent sur le projet d'entreprise. Parallèlement, les statistiques publiques nous informent que les exploitations sous forme sociétaire* occupent une place grandissante, et notamment les sociétés civiles ou les sociétés anonymes, jusqu'alors peu communes en agriculture. Entre 1988 et 2010, alors que le nombre d'exploitations individuelles a été divisé par trois, le nombre d'exploitations au statut sociétaire a lui doublé pour atteindre aujourd'hui 30% du total. Le nombre d'acquisitions de terres agricoles réalisées par ces sociétés a triplé entre 1997 et 2012, ce qui a contribué au phénomène de concentration foncière (Levesque et al., 2011 ; FNSafer et Terres d'Europe-Scafr, 2012).
Anzalone G., Purseigle F., Nguyen G., Hervieu B. 2019. « Mutations des entreprises agricoles et nouveaux modes d’accès au foncier », In B. Chouquer et M.C. Maurel (eds), Normes et pratiques foncières et agricoles – Volume 1 Les mutations récentes du foncier et des agricultures en Europe, Presses Universitaire de Franche-Comté, ouvrage traduit en chinois pour les Presses Universitaires de Canton.
https://hal.science/hal-02063962

Comment la mobilisation de la main-d’œuvre change-t-elle dans les exploitations
Plusieurs interprétations peuvent être données à la notion d’«organisation du travail» (Dedieu et Servière, 2012). L’acception la plus courante fait référence à l’organisation de la main-d’œuvre sur l’exploitation, avec le recours à différentes catégories de travailleurs (famille, salariat, entreprises sous-traitantes, entraide, etc.). D’autres approches peuvent également être adoptées, comme l’illustre l’encadré 1.5 qui présente celle privilégiée par les zootechniciens des systèmes d’élevage. Cette partie montre qu’au-delà des travailleurs eux-mêmes, c’est la façon dont ils sont mobilisés qui évolue. Elle réinterroge ainsi le caractère familial des exploitations françaises. [...]
Legagneux B., Nguyen G. 2019. « Chapitre 1.1.3. Comment la mobilisation de la main-d’œuvre change-t-elle dans les exploitations ? » et « Chapitre 1.2.2. Sous-traitance et agriculture : les recompositions en cours », In Forget V., Depeyrot J.-N., Mahé M., Midler E., Hugonnet M., Beaujeu R., Grandjean, A., Hérault B., 2019, Actif’Agri. Transformations des emplois et des activités en agriculture, Centre d’études et de prospective, Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, la Documentation française, Paris.
[ouvrage téléchargeable] https://agriculture.gouv.fr/actifagri-de-lemploi-lactivite-agricole-determinants-dynamiques-et-trajectoires
[note de synthèse de l'ouvrage] https://agriculture.gouv.fr/actifagri-transformations-des-emplois-et-des-activites-en-agriculture-analyse-ndeg145

Sous-traitance et agriculture : les recompositions en cours
La sous-traitance des travaux agricoles n’est pas un phénomène nouveau. Pour de nombreuses exploitations ne possédant pas le matériel nécessaire, parce que trop petites pour amortir l’investissement, il est habituel de recourir aux services d’un voisin, d’une CUMA ou d’une entreprise de travaux agricoles (ETA). Ce phénomène prend toutefois de l’ampleur depuis les années 1990 (Hébrard, 2001 ; Chevalier, 2007), et s’accompagne de reconfigurations du fonctionnement des exploitations concernées (Harff et Lamarche, 1998). Entre 2010 et 2016, les données issues de la statistique agricole montrent une augmentation de 53 % du nombre d’exploitations ayant recours de manière importante à la délégation, principalement des exploitations spécialisées en grandes cultures [...]
Legagneux B., Nguyen G. 2019. « Chapitre 1.1.3. Comment la mobilisation de la main-d’œuvre change-t-elle dans les exploitations ? » et « Chapitre 1.2.2. Sous-traitance et agriculture : les recompositions en cours », In Forget V., Depeyrot J.-N., Mahé M., Midler E., Hugonnet M., Beaujeu R., Grandjean, A., Hérault B., 2019, Actif’Agri. Transformations des emplois et des activités en agriculture, Centre d’études et de prospective, Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, la Documentation française, Paris.
[ouvrage téléchargeable] https://agriculture.gouv.fr/actifagri-de-lemploi-lactivite-agricole-determinants-dynamiques-et-trajectoires
[note de synthèse de l'ouvrage] https://agriculture.gouv.fr/actifagri-transformations-des-emplois-et-des-activites-en-agriculture-analyse-ndeg145


